Nouveauté
La photosensibilité et l’épilepsie
Facteurs visuels
La télévision est un déclencheur qui provoque le plus fréquemment des crises dues à la photosensibilité. Pour réduire les risques, Épilepsie Canada (2002) recommande aux personnes photosensibles de regarder la télévision dans une pièce bien éclairée, de s’asseoir à au moins deux mètres et demi de l’écran (selon la grandeur de celui-ci) et d’utiliser une télécommande. De plus, il est mentionné que les écrans de télévision plus petits réduisent l’exposition à la lumière et donc, diminuent les risques de crises dues à la photosensibilité.
Les jeux vidéo et la télévision peuvent occasionner des crises chez les personnes épileptiques, mais aussi chez celles qui ne le sont pas. Bureau, Hirsch et Vigevano (2004) prétendent que le premier cas de crise due à la photosensibilité a été rapporté en 1981. Selon ces auteurs, les personnes, les enfants et adolescents épileptiques qui subissent des décharges paroxystiques sont dites photosensibles. On remarque également que la distance qui sépare la personne de l’écran et la vitesse de l’écran ont une réelle incidence sur les crises dues à la photosensibilité. Les personnes photosensibles peuvent aussi être sensibles aux formes géométriques – par exemple les rayures – et à certaines couleurs, telles l’alternance entre le rouge et le bleu et à une combinaison de ces stimuli.
Les changements de lumière et les couleurs
Tout contraste de luminosité et tout changement de couleur, peuvent provoquer des crises chez les individus sensibles aux radiations lumineuses. Cependant, il y a aussi d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte et qui sont susceptibles de provoquer des crises; l’altération de la clarté et de la longueur d’onde. Covanis (2005) affirme que la couleur rouge augmente la prédisposition aux crises et que la couleur rouge-bleu est plus provocatrice que ne l’est la couleur rouge-vert. Aussi, l’angle visuel sous-tendu par la lumière clignotante détermine la possibilité d’avoir des crises. Un clignotant dirigé vers le centre du champ visuel est plus provocateur qu’un clignotant dirigé vers le champ visuel, car les dix degrés centraux du champ de vision fournissent 90 pour cent du rendement neuronal. Les auteurs Parra, Kalitzin et Lopes da Silva (2005) soutiennent les propos de Vocanis, en ce qui concerne la couleur rouge.
Facteurs réactifs
Bien entendu, les facteurs visuels ont beaucoup d’importance dans les déclencheurs des crises dues à la photosensibilité. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il y a d’autres éléments qui peuvent déclencher des crises. Ce sont des facteurs réactifs, comme le stress émotionnel, la privation de sommeil, la fatigue et d’autres facteurs liés au corps, tels; l’alcool, les menstruations, la prédisposition génétique et les hormones. (Kasteleijn-Nolst Trenité, 2006). À ce sujet, le deux-tiers des personnes photosensibles sont des femmes, ce qui laisse croire que les hormones pourraient avoir une influence sur la photosensibilité. (Parra et al., 2005)
Éviter les stimuli visuels qui se rapportent aux lumières des discothèques, vêtements à rayures, autres motifs lignés, reflets du soleil sur l’eau, vacillements du soleil, changements soudains de lumière et de contraste, programmes de télévision et jeux vidéo qui incluent des clignotements. Afin de diminuer l’impact des stimuli visuels, Covanis et al. (2004), suggèrent de couvrir l’œil si la personne photosensible s’expose à un élément stimulant. Fisher et al. (2005), affirment qu’il est approprié d’utiliser un bon éclairage d’ambiance afin de réduire les contrastes de lumière et il faut éviter de regarder les vacillements rapides de lumière ou les patterns géométriques.
Conclusion
En terminant, la photosensibilité est définie comme étant une réponse électroencéphalographique anormale ou une réponse clinique à la lumière. Il nous apparaît important de revenir sur le fait que les crises dues à la photosensibilité ne peuvent être déclenchées qu’en présence d’une stimulation lumineuse intermittente (SLI) en clinique ou d’un stimulus visuel clignotant et que les facteurs déclencheurs de crises sont visuels et réactifs. Bien que la photosensibilité touche un petit contingent de la société, c’est un phénomène sur lequel il est important de s’interroger, en grande partie parce que la technologie prend de plus en plus de place dans nos vies. De ce fait, les principaux déclencheurs de crises dues à la photosensibilité sont visuels – la télévision, les jeux vidéo, l’ordinateur, les patterns, les changements de couleur et de lumière – mais il ne faut toutefois pas mettre de côté les facteurs réactifs comme le stress et la fatigue qui peuvent aussi jouer un rôle important dans le déclenchement des crises. Ajoutons qu’il est quelques fois mentionné qu’une prédisposition génétique aux crises visuelles sensibles, qui dépend de l’âge et qui est due aux stimulations provoquées, est un élément déclencheur important des crises.
Source : Beaudet Stéphanie, F. Picard Ph.D, A. Kolp Msc.c, B. Piérard M.Ps, I. Naud M. Ed. et V. Kelly Afoughe (2011) «La photosensibilité» publié par l’Association québécoise de l’Épilepsie.
Résumé : Nicole Bélange directrice Épilepsie Section Québec


















